Aller au contenu
Jardin & Extérieur 11 septembre 2026 · 8 min

Robot tondeuse : le sans-fil est devenu le standard, pas l’option premium

Quinze des dix-sept fiches de notre base qui documentent la question se passent de fil périmétrique, et le robot le moins cher que nous ayons référencé en fait partie. Ce que recouvrent vraiment le RTK, le LiDAR et la vision — et dans quel ordre lire votre terrain.

Pelouse tondue au lever du jour, bordée d'arbres

Quinze contre deux. Sur les dix-sept robots tondeuses de notre base qui déclarent explicitement la question, quinze se passent de fil périmétrique et deux l’exigent encore. Le sans-fil n’est plus la nouveauté qu’on paie plus cher : c’est devenu le cas général, et c’est le fil qui fait désormais figure d’exception. Reste à savoir ce que « sans fil » veut dire au juste, parce que derrière ce mot se cachent trois technologies qui n’ont ni les mêmes contraintes ni les mêmes angles morts.

Ce que dit la base : 15 contre 2

Sur nos vingt-sept fiches de robots tondeuses, dix-sept documentent explicitement la question du fil périmétrique. Quinze déclarent s’en passer, deux le réclament : le Gardena Sileno City 250 et le Husqvarna Automower 415X. Les dix fiches restantes — Husqvarna Aspire, Worx Landroid et Vision, Mammotion LUBA 2, Segway Navimow H2, MOVA LiDAX Ultra AWD — ne l’indiquent pas clairement, et nous préférons les laisser hors du décompte plutôt que de deviner.

Le rapport de force est donc net. Mais un ratio ne fait pas une décision d’achat : ce qui compte, c’est de savoir où se situe l’entrée de gamme, et ce que l’absence de fil coûte ailleurs — en installation, en angles morts, ou en abonnement.

Le moins cher de notre base n’a pas de fil

Le robot tondeuse le moins cher que nous ayons référencé est le Segway Navimow i105E, à 799 € sur la boutique française du constructeur. Il navigue au RTK satellitaire épaulé par de la vision, couvre 600 m² annoncés, encaisse 30 % de pente et coupe sur 18 cm. Aucun fil à enterrer.

Autrement dit : l’entrée de gamme de ce marché se fait aujourd’hui sans fil. Il n’y a plus d’économie à réaliser en acceptant la contrainte d’installation — c’était l’arbitrage d’il y a trois ans, il ne l’est plus.

Une transparence nécessaire sur les deux modèles à fil

Les deux robots de notre base qui réclament encore un fil périmétrique sont le Gardena Sileno City 250 et le Husqvarna Automower 415X. Nous aurions voulu les comparer au Navimow sur le prix ; nous ne le ferons pas, et il vaut mieux expliquer pourquoi.

Gardena ne publie pas de prix sur sa page produit française. Les tarifs relevés chez les revendeurs s’étalent de 520 € à plus de 970 € selon les enseignes et selon qu’il s’agit du Sileno City ou du Smart Sileno City — un écart trop large pour qu’un chiffre unique veuille dire quoi que ce soit.

Quant à l’Automower 415X, le cas est plus net encore : il ne figure plus au catalogue français de Husqvarna. La page belge du constructeur, seule référence officielle francophone que nous ayons pu consulter, l’affiche à 2 399 € de prix conseillé — plus du double du chiffre qui circule souvent, et pour un modèle en fin de vie commerciale en France.

Nous préférons donc poser le constat autrement, sur ce qui est vérifiable : le fil a disparu des nouveautés. Les deux modèles qui le conservent dans notre base sont des références installées depuis plusieurs saisons, dont l’une n’est plus distribuée en France. Ce n’est pas une gamme économique, c’est une génération qui sort du marché.

ModèleFilSurfacePenteCoupe
Segway Navimow i105ENon600 m²30 %18 cm
Gardena Sileno City 250Oui250 m²35 %16 cm
Husqvarna Automower 415XOui500 m²40 %22 cm
Specs relevées sur les pages officielles des constructeurs. Prix volontairement absents : voir ci-dessus.

Sur les specs elles-mêmes, l’arbitrage reste lisible. Le Navimow couvre 350 m² de plus que le Gardena et coupe 2 cm plus large, en cédant 5 points de pente. Face à l’Automower 415X, il perd 10 points de pente et 4 cm de lame, mais couvre 100 m² de plus — et n’impose pas d’enterrer un câble.

Trois façons de se passer du fil, qui ne s’équivalent pas

« Sans fil » ne décrit pas une technologie mais l’absence d’une contrainte. Derrière, trois familles cohabitent dans notre base, et elles n’ont ni les mêmes exigences d’installation ni les mêmes points faibles.

Le RTK satellitaire

Le robot se positionne au centimètre par GNSS, corrigé par une référence fixe. C’est la solution des Segway Navimow i105E et i205 AWD, du Kress Mission RTKn, de l’EcoFlow Blade et du Husqvarna Automower 430X NERA. Elle est mature et précise, mais elle déplace la contrainte : au lieu d’un fil à enterrer, une antenne à fixer avec une vue dégagée du ciel. Sous un grand arbre ou le long d’un mur haut, c’est là que ça se joue.

À noter : certains constructeurs remplacent l’antenne physique par une correction réseau. Le Mammotion LUBA 3 AWD déclare ainsi un RTK réseau, et embarque une eSIM 4G avec trois ans de service inclus — la contrainte devient alors un abonnement plutôt qu’un mât.

Le LiDAR 360°

Le robot cartographie lui-même son environnement au laser, sans référence externe. C’est l’approche des Dreame A1 Pro et A2, du Roborock RockMow Z120, de l’Ecovacs GOAT A3000 et du Mova 1000. Rien à planter, rien à enterrer, rien à abonner : c’est aujourd’hui l’installation la plus légère du marché.

Les approches hybrides

Les Mammotion LUBA 3 AWD et LUBA Mini AWD, ainsi que le Segway Navimow i210 LiDAR Pro, cumulent LiDAR, RTK et vision. C’est le haut du panier, et c’est aussi là que se trouvent les tarifs les plus élevés de notre base.

La réserve d’usage, valable pour les trois familles : aucune de ces technologies n’a de protocole d’évaluation commun. Les constructeurs déclarent une méthode de navigation, pas une performance mesurée. Ce que donne un LiDAR sur un terrain découpé en plusieurs zones, ou un RTK sous une haie dense, est exactement ce qu’une fiche technique ne dira jamais.

Le piège de la surface annoncée

Deux robots de notre base annoncent 2 000 m² : le Dreame A1 Pro, 999 €, et le Roborock RockMow Z120, 2 799 €. Même surface déclarée, 1 800 € d’écart. Il vaut la peine de regarder ce que cet écart achète réellement.

ModèlePrixSurfacePenteCoupeNavigation
Dreame A1 Pro999 €2 000 m²45 %22 cmLiDAR 360°
Roborock RockMow Z1202 799 €2 000 m²80 %24 cmLiDAR 360°

Les 1 800 € achètent 35 points de pente et 2 centimètres de lame. Formulé ainsi, cela paraît cher. Formulé autrement : si votre terrain dépasse 45 % de dévers, le Dreame ne fait pas le travail, et la question du prix ne se pose même pas. La pente est la seule spec de cette catégorie qui élimine un robot de façon absolue — les autres se négocient en temps de tonte.

L’amplitude est d’ailleurs considérable sur nos fiches : de 20 % pour l’EcoFlow Blade à 80 % pour les Mammotion LUBA 3 AWD, LUBA Mini AWD et le Roborock RockMow Z120. Un terrain à 50 % de dévers ne laisse que trois candidats dans notre base.

Robot tondeuse Mammotion LUBA 3 AWD en travers d'une pente herbeuse escarpée
Mammotion illustre les 80 % de pente annoncés pour le LUBA 3 AWD. Visuel constructeur : il montre une intention commerciale, pas une mesure — et certainement pas de l’herbe humide en dévers latéral.

Comment lire votre propre terrain

Dans l’ordre où ces critères éliminent des modèles :

  1. La pente. Mesurez le dévers le plus fort du jardin, pas la moyenne. C’est un critère binaire : au-delà de la valeur annoncée, le robot patine. En dessous de 30 %, tout notre panel convient ; au-delà de 50 %, il en reste trois.
  2. La surface. Prenez la surface tondable réelle, terrasses et massifs déduits. Puis gardez une marge : les valeurs constructeur décrivent un plafond quotidien dans des conditions favorables, pas un débit garanti.
  3. La géométrie. Un jardin d’un seul tenant convient à tout. Plusieurs zones séparées par un passage étroit, ou un terrain sous couvert arboré, orientent vers le LiDAR plutôt que vers le RTK satellitaire.
  4. La largeur de coupe. De 16 cm (Gardena Sileno City 250) à 40 cm (Mammotion LUBA 3 AWD) dans notre base. Elle ne décide de rien à elle seule, mais elle détermine le nombre de passages — donc le bruit et les heures de fonctionnement.
  5. Le fil, en dernier. Et seulement si l’un des quatre critères précédents vous y ramène.

Ce que ce guide ne vous dit pas

Tout ce qui précède est établi à partir des spécifications publiées par les constructeurs sur leurs pages officielles françaises, et de rien d’autre. Nous les comparons parce qu’elles sont vérifiables et déclarées par tous, pas parce qu’elles résument une performance de tonte.

Ce qu’elles ne disent pas : la qualité de coupe réelle, la fiabilité sur trois saisons, le comportement sur herbe humide, l’ergonomie de l’application, la disponibilité des pièces détachées, ou ce qui se passe quand le robot se coince dans un massif un dimanche d’août. Ce sont les questions qu’un test terrain tranche, et nous les traiterons à mesure que nous aurons les machines en main.

Dernière précision sur les prix. Ceux que nous citons sont les tarifs catalogue relevés sur les boutiques françaises des constructeurs, et les prix de rue s’en écartent souvent : le Mammotion LUBA 3 AWD, affiché 2 299 € au catalogue, se trouvait à 2 099 € fin août. Surtout, plusieurs constructeurs — Gardena et Husqvarna en particulier — ne publient aucun prix sur leurs pages produits françaises. Quand nous n’avons pas de tarif officiel vérifiable, nous ne le remplaçons pas par une moyenne de revendeurs : nous laissons la case vide et nous le disons.