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Piscine 11 septembre 2026 · 7 min

Robot piscine : ni le prix ni la marque ne disent quelles zones sont nettoyées

À 600 € un robot fait le fond, les parois et la ligne d'eau ; à 1 299 €, un autre s'arrête aux parois. Dans notre base de 20 robots de piscine, la couverture ne suit pas le tarif — et la filtration va carrément à rebours.

Margelle et surface d'une piscine au soleil couchant

600 €, et le robot remonte les parois et fait la ligne d’eau. 700 €, et il ne fait que le fond. 1 299 €, et il ne fait toujours pas la ligne d’eau. Dans notre base de vingt-et-un robots de piscine, le prix ne dit à peu près rien de ce que la machine va réellement nettoyer — et c’est pourtant le seul critère qui décide si vous reprenez la brosse à la main ou non.

Trois zones, et seulement trois

Un bassin se salit à trois endroits, et les constructeurs les nomment tous de la même façon : le fond, où se dépose ce qui coule ; les parois, où s’accroche le biofilm ; la ligne d’eau, cette bande grasse à la surface où se concentrent crème solaire, pollens et poussières.

Ce sont trois exercices mécaniquement différents. Le fond ne demande qu’un déplacement à plat et une aspiration. Les parois exigent de l’adhérence en position verticale — donc une motorisation capable de plaquer le robot contre le revêtement. La ligne d’eau impose en plus de se maintenir précisément à la surface, contre les mouvements de l’eau. Chaque zone ajoutée est un vrai saut technique, pas une option logicielle.

Sur nos vingt-et-une fiches, quinze déclarent explicitement les zones couvertes. Onze annoncent les trois, deux s’arrêtent au fond et aux parois, deux ne font que le fond. Les six fiches restantes ne le précisent pas, et nous les laissons de côté.

Le classement par prix ne donne pas le classement par zones

ModèlePrixZones nettoyéesAutonomieRecharge
Aiper Seagull SE300 €Fond seul90 minCâble
Aiper Scuba S1549 €Fond + parois180 minCâble
Wybot S2 Solar Vision600 €Les trois120 minSolaire
Beatbot Sora 30700 €Fond seulCâble
Dolphin Liberty 300800 €Les trois120 minInduction
Aiper Scuba X1999 €Les trois180 minCâble
Dolphin Liberty 4001 200 €Les trois120 minInduction
Dolphin M6001 200 €Les troisFilaire
Dreame Z1 Pro1 299 €Fond + paroisCâble
Polaris Freedom Plus1 300 €Les trois240 minCâble
Dolphin Liberty 6001 500 €Les troisInduction
Beatbot AquaSense 21 699 €Les trois240 minCâble
Prix catalogue constructeur, zones telles que déclarées sur les fiches officielles. Un tiret signale une valeur non publiée.

Deux lignes de ce tableau méritent qu’on s’y arrête.

Le Beatbot Sora 30, à 700 €, ne fait que le fond — alors que le Wybot S2 Solar Vision, 100 € moins cher, fait les trois zones. Le Dreame Z1 Pro, à 1 299 €, s’arrête au fond et aux parois : il coûte 499 € de plus que le Dolphin Liberty 300 et nettoie une zone de moins.

Cela ne fait pas de ces deux robots de mauvais produits. Ils peuvent parfaitement mieux traiter le fond que ceux qui se dispersent sur trois zones, mieux naviguer, ou durer plus longtemps — la fiche ne le dit pas. Mais si votre ligne d’eau est le problème, aucun des deux ne le résoudra, quel que soit le montant dépensé.

Le repère utile, donc : les trois zones commencent à 600 € dans notre base. Au-delà de ce seuil, le budget supplémentaire n’achète plus de la couverture — il achète de l’autonomie, du confort de recharge, ou de la navigation.

La finesse de filtration va à rebours du prix

Six fiches de notre base publient la finesse de filtration, c’est-à-dire la taille minimale des particules retenues. L’ordre est déroutant.

ModèleFiltrationPrix
Aiper Scuba S13 µm549 €
Aiper Scuba S1 Pro3 µmNon communiqué
Wybot S2 Solar Vision25 µm600 €
Roborock RockAqua P170 µmNon communiqué
Dolphin Liberty 300100 µm800 €
Beatbot AquaSense 2150 µm1 699 €

Le robot le moins cher du tableau retient des particules cinquante fois plus fines que le plus cher. Formulé autrement : l’Aiper Scuba S1, à 549 €, annonce 3 µm ; le Beatbot AquaSense 2, à 1 699 €, annonce 150 µm.

Une réserve importante avant d’en tirer une conclusion d’achat. Rien ne garantit que ces six constructeurs mesurent la même chose : certains décrivent probablement la maille du média filtrant, d’autres le seuil de rétention effective du système complet. Il n’existe aucune norme commune sur ce point, et les écarts d’un facteur cinquante entre marques concurrentes sont précisément le genre d’anomalie qui trahit des méthodes différentes plutôt que des performances différentes.

Ce qu’on peut en dire honnêtement : un chiffre autour de 3 µm relève de la filtration fine — pollens, poussières en suspension, particules qui troublent l’eau. Un chiffre autour de 150 µm décrit un panier à débris — feuilles, insectes, sable grossier. Ce sont deux promesses différentes, et il vaut mieux savoir laquelle correspond à votre bassin avant de regarder les prix.

Deux paniers de filtration d'un robot de piscine Aiper, entourés de débris en suspension
Aiper illustre la double filtration de sa gamme Scuba. Visuel constructeur : il donne à voir la différence entre un panier à débris et un média fin — précisément la distinction que les chiffres en microns, faute de norme commune, rendent illisible.

Sans fil, filaire, solaire : ce que change l’alimentation

Quatorze fiches de notre base documentent le mode d’alimentation. Treize sont sur batterie, une seule reste filaire : le Dolphin M600, à 1 200 €.

Le sans-fil est devenu le standard, et pour de bonnes raisons : plus de câble à démêler, plus de longueur à calculer, plus de transformateur à poser au bord du bassin. Le filaire garde pourtant un argument que la batterie n’aura jamais — il ne s’arrête pas. Sur un grand bassin, un robot autonome qui couvre son cycle en deux fois n’est pas équivalent à un robot qui le fait en une.

Les autonomies déclarées vont de 90 minutes (Aiper Seagull SE) à 240 minutes (Polaris Freedom Plus et Beatbot AquaSense 2), avec un gros peloton à 120–180 minutes. Là encore, ces valeurs sont des déclarations constructeur sans protocole commun : elles dépendent du mode de nettoyage retenu pour la mesure, et celui-ci n’est jamais précisé.

Le mode de recharge, lui, est un vrai critère de confort quotidien. Trois approches coexistent dans notre base : le câble standard, majoritaire ; l’induction, que Maytronics a retenue sur toute la gamme Dolphin Liberty — le robot se pose sur sa base sans connecteur, ce qui supprime le point de corrosion le plus évident d’un appareil qui passe sa vie dans l’eau chlorée ; et le solaire, que seul le Wybot S2 Solar Vision propose, avec une station flottante qui recharge entre deux cycles.

Dans quel ordre décider

  1. Identifiez votre vraie saleté. Feuilles et débris grossiers, ou eau trouble et dépôts fins ? Ligne d’eau grasse, ou parois qui verdissent ? C’est ce diagnostic, pas le budget, qui élimine le plus de modèles.
  2. Vérifiez les zones déclarées. C’est un critère binaire : un robot qui ne fait pas la ligne d’eau ne la fera jamais. Six fiches sur vingt-et-une ne l’indiquent pas — exigez l’information du vendeur avant d’acheter.
  3. Regardez la filtration en sachant ce qu’elle vaut. L’ordre de grandeur — quelques microns contre une centaine — est informatif. La précision affichée ne l’est pas.
  4. Puis l’autonomie, rapportée à votre bassin. Une grande piscine et 90 minutes d’autonomie, c’est deux cycles et une recharge entre les deux.
  5. Le confort en dernier : induction, solaire, pilotage par application. Agréable, jamais décisif.

Ce que ce guide ne vous dit pas

Tout ce qui précède provient des spécifications publiées par les constructeurs sur leurs pages officielles, et de rien d’autre. Nous n’avons mis aucun de ces robots à l’eau.

Ce qu’une fiche ne dira jamais : si le robot grimpe réellement les parois d’un liner glissant, s’il se coince dans l’escalier, ce que vaut son cycle de nettoyage sur un bassin à forme libre, combien coûte une batterie de remplacement au bout de trois saisons, et si le service après-vente répond. Ces réponses viendront quand nous aurons les machines en main.

Une dernière précaution sur les surfaces maximales. Plusieurs fiches de notre base annoncent des valeurs manifestement incohérentes sur ce point — au point que nous avons préféré ne citer aucune surface dans ce guide plutôt que de relayer un chiffre douteux. Si un vendeur vous oppose une surface couverte, demandez-lui sur quelle page officielle elle figure.